De Potosi au parc national Torotoro

7 au 11 juin & 17 au 27 juin 2016

On en a vu du pays : la ville minière de Potosi, la belle Sucre coloniale, la catholique Cochabamba … et le parc national Torotoro avec ses empreintes de dinosaures ! Nous avons déjà passé 3 semaines en Bolivie, et le cap des 11 mois de voyage est derrière nous.


Après avoir traversé la frontière Chili-Bolivie depuis San Pedro de Atacama, nous avons mis le cap sur Potosi. Cette ville (parait-il la plus haute au monde dans la catégorie de + de 100 000 habitants – à 4090m) fut rendue célèbre grâce à sa mine. Lors de la conquête de la ville par les Espagnols, Charles Quint l’éleva même au rang de ville impériale, la seule d’Amérique latine à posséder cette distinction. Bref, la mine fut exploitée pendant plusieurs siècles pour son argent… et 8 millions de personnes y décédèrent des suites de l’esclavage (épuisement mais également empoisonnement au mercure, utilisé pour traiter l’argent). De nos jours, les filons d’argent se sont épuisés, mais les boliviens continuent à y travailler (et à y mourir) pour en extraire de l’étain, du fer ou du zinc, seules sources de revenus de la région.

Une bonne partie du tourisme se concentre autour du marché des mineurs (on peut y acheter de la dynamite en vente libre !) ainsi qu’à la mine, qu’on peut visiter. On a beaucoup réfléchi à la question, mais on a finalement pris position : pas de visite pour nous. Aucune envie d’aller jouer aux aventuriers pendant quelques heures dans une mine alors que les locaux ne rêvent que d’une chose : ne plus y mettre les pieds. Bien évidemment, en visitant une mine, on y apporte quelques présents pour les mineurs (alcool à 96°, feuilles de coca et soda en général), mais on avait plus l’impression d’aller les gêner dans leur (pénible) travail.


On s’est donc baladés en ville et on a visité la casa de la Moneda. Ce bâtiment, édifié au XVIIIème siècle, est le plus grand et le plus important bâtiment civil colonial des Amériques. La monnaie y fut frappée jusqu’en 1909 (d’abord par des esclaves, puis des chevaux et enfin à l’aide de machines à vapeur).

Après Potosi, nous avons mis le cap sur Tupiza, le Sud Lipez et le salar de Uyuni (voir article précédent). Nous avons ensuite établi nos quartiers à Sucre, la capitale constitutionnelle du pays (La Paz étant la capitale administrative). On s’y est tout de suite plu, au point d’y passer 5 jours ! Le marché, super coloré comme d’habitude, nous a servi de cantine à peu près tous les jours (soupe de quinoa et milaneza de pollo à gogo !). On y a bu nos premiers api et toroji (sorte de mixture chaude de maïs, qu’on mange plus qu’on ne boit).

A part ça, petits jus d’oranges frais sur la plaza 25 de Mayo, balade jusqu’à la place de la Recoleta et son mirador, visite du musée d’ethnographie et folklore (d’impressionnants masques rituels de tout le pays, mais photos non autorisées…), bouquinage dans la courette de notre auberge, rapide passage à la fête de la musique (ça ne vaut pas le Cinquantenaire, rassurez-vous !), … et même mousse au chocolat à l’Alliance Française (mais Lulu, ta recette est tellement meilleure :)), on commence à clairement être en manque de bouffe belge !

En Bolivie, les bus de nuit ont le chic pour nous débarquer avant l’aube, dans des quartiers pas toujours très recommandés. C’est comme ça, à 4h30 du matin à Cochabamba, qu’on a eu une petite frayeur avec un mec qui a décidé de nous suivre… et aucun endroit où se « réfugier », tout étant fermé. On a finalement sauté dans un taxi et après quelques essais, on a dégoté un hôtel où le réceptionniste était réveillé et on a pu terminer notre nuit en sécurité.

Cochabamba, c’est la troisième ville de Bolivie. Pour nous, c’était plus un stop obligé pour rallier le parc national Torotoro, mais quitte à y être, autant y faire un peu de tourisme. On a pris un téléphérique – et on s’est rappelé que ça faisait trop longtemps qu’on n’avait plus mis les pieds au ski ! – pour rejoindre le Cristo de la Concordia. Cette immense statue, un peu plus grande que celle surplombant Rio au Brésil, trône à 2840m d’altitude et, de là, on a une très belle vue sur la pollution environnante et sur l’aéroport en plein milieu du centre-ville… qu’on ne vienne plus nous parler de nuisances sonores à Bruxelles 🙂 On s’est réconfortés avec une petite glace goûts coco et maracuya (on ne vous fait pas un dessin, c’était délicieux). Et quitte à être dans la bouffe italienne, on a été se manger des tortellinis et tagliatelles, pour fêter dignement nos 11 mois de voyage. Nos prochaines vacances (bon ok, c’est pas pour tout de suite), ça sera en Italie, c’est décidé !

Dernière étape, le parc national Torotoro, à 138km de rues pavées (et de pistes) de Cochabamba. Après toutes ces villes, on avait envie de se retrouver un peu dans la campagne. Ici, étant donné que c’est un parc national officiel, toute visite doit se faire en compagnie d’un guide. On a « hérité » de Timoteo, 23 ans et passionné par son pays (et les dino), un réel plaisir 🙂 Pour le premier jour de balade, nous sommes partis en direction de la Ciudad de Itas. Après 1000m de dénivelé positif (en voiture, et paysages splendides !), on s’est promenés pendant 2-3 heures au milieu de formations rocheuses aux couleurs ocres. Apercevez-vous la tortue ? Et l’éléphant ?

On a continué la journée par la grotte de Umajalanta. Avec des galeries de plusieurs kilomètres, il s’agit de la plus grande grotte bolivienne. On a rampé, on a grimpé, on s’est faufilés, on a fait quelques mètres en rappel (avec des baudriers inexistants, standards boliviens !), on a observé des stalactites et des stalagmites de toutes tailles, on a vu des poissons aveugles… autre chose que les grottes de Han !

Le second jour, nous sommes partis vers l’emblématique canyon. C’est ici qu’on a pu voir nos premières traces de dinosaures. A l’époque, il y avait des lacs. Ceux-ci se sont vidés suite aux mouvements des plaques terrestres, laissant beaucoup de boue. Les dino sont passés par là et leurs traces se sont finalement « fossilisées ». Il faut parfois avoir un peu d’imagination pour ne pas voir de simples « creux », mais pour certaines marques, c’est assez clair ! On a même vu une trace d’une espèce de tyrannosaure poursuivant, au pas de course, un ankylosaure. Bref, c’était Jurassik Park 🙂 On est ensuite arrivés au mirador du canyon. Ca aurait été trop simple : on est descendus au fond pour picniquer… et on est remontés le ventre plein.

La journée s’est terminée devant.. la télé. Même à l’autre bout du monde, au fin fond de la pampa bolivienne, on suit le football belge (mais ici à Torotoro, ni frites ni bières pour fêter une victoire !).
On est de retour pour une nuit étape à Cochabamba. Demain, longue journée de bus pour La Paz (on évite les bus de nuit, d’abord pour les chauffeurs qui s’endorment, mais aussi pour les débarquements trop matinaux !). On espère y rester 2-3 jours et puis on se dirigera vers le lac Titicaca. On aurait adoré aller se promener dans le parc national Sajama (le frère du parc Lauca chilien, qu’on a visité il y a quelques semaines), mais le temps commence à être compté avant la fin de notre grande balade !

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